Le mur de l’atlantique

Le renouveau de la fortification

En octobre 1934, un nouvel ordonnancement de l’arme du génie de forteresse (Festungspionierorganisation) est créé. Une typologie des ouvrages (Regelbau) et la planification des constructions (Regelbaupläne) permettent une rationalisation efficace. Ces directives seront appliquées jusqu’en 1945.

Par sa directive de guerre n° 40 du 23 mars 1942 Hitler donne un nouvel élan à la fortification linéaire. L’ensemble des côtes de l’Ouest des territoires occupés doit être fortifié rapidement. L’importance du programme est telle que l’Organisation Todt et le Génie militaire vont se partager la tâche, en particulier pour les ouvrages modestes. Il s’agit en effet de protéger les côtes depuis le Nord de la Norvège, occupée, à la frontière espagnole. Si certaines zones ne se prêtent pas à un hypothétique débarquement, d’autres, comme la Bretagne, sont des zones à fortifier en priorité.

« Construire près de 15 000 fortifications en seulement deux ans n’est possible qu’au prix d’une organisation méthodique et de la mobilisation de centaines de milliers de travailleurs. »

L’organisation Todt

La logistique et la gestion des chantiers est assurée par l’Organisation Todt, une agence gouvernementale allemande, ayant déjà géré avant guerre la construction du réseau autoroutier allemand, ainsi que la réalisation de la ligne Siegfried, fortifications placées face à la ligne Maginot.

En France, la Todt a un rôle de gestion et coordination des chantiers. Les entreprises obtenant les marchés sont forcément allemandes et sous-traitent à des entreprises de bâtiment et travaux publics françaises. La main-d’œuvre se décompose en travailleurs volontaires et employés des entreprises retenues ou requises, mais aussi largement de requis et de travailleurs forcés de toutes nationalités.

Fin mai 1944, ce sont environ 291 000 personnes qui travaillent en France, de gré ou de force, à la construction du mur de l’Atlantique.